Statut
de protection
Arrêté du 23 avril 2007 : Article
2. / Convention de Berne : Annexe II. / Directive Habitats-Faune-Flore
: Annexes II et IV.
Identification
Cette espèce se rapproche des autres espèces de Cuivrés, petits
papillons au dessus des ailes orangé à tendance métallique. Le
Cuivré
des marais est la seule
espèce de ce groupe avec la base

du dessous des
ailes postérieures bleutée. Le mâle se caractérise par des ailes
uniformément orangé vif bordé de noir avec un petit trait
discoïdal noir aux antérieures. La femelle a des petits points
noirs sur
le dessus des antérieures et la base de l’aile postérieure est
fortement
chargée de noir.
Les individus de la sous-espèce
burdigalensis
(Lucas, 1913) (Sud-ouest de la France) sont de plus grande taille par
rapport à la sous-espèce
carueli
(Le Moult, 1945) (Centre et Est de la France).
Biologie / Ecologie
En Limousin, la femelle pond sur la Patience crépue (
Rumex crispus) ;
d’autres Oseilles sont citées comme plantes-hôtes dans la littérature
comme par exemple
Rumex
hydrolapathum,
Rumex
aquaticus,
Rumex obtusifolius.
Les œufs sont pondus isolément ou en petits groupes, le plus souvent
sur la feuille. La chenille se nourrit de Patience tout au long
de son développement avant de se chrysalider sur la feuille.
L’hivernation s’effectue à l’état de jeune chenille.
Deux générations se succèdent durant l’année : les premiers spécimens
volent au mois de juin ; puis une seconde génération, au mois
d’août. Les spécimens de cette seconde génération sont plus petits. Une
troisième génération partielle peut s’observer, certaines années, en
automne.
Les papillons butinent les fleurs de Fabacées, de Salicaires, de
Menthes, etc.
Habitat
Le Cuivré des marais fréquente les
prairies de fonds de vallée aux sols profonds, les bords de cours
d'eau, de canaux, les fossés, les marais.

Ses
milieux de prédilection ont un caractère méso-hygrophile. A noter que
cette espèce
n’est pas liée, en Limousin, aux Molinions et aux tourbières acides.
Absente du plateau de Millevaches, elle reste inféodée aux prairies de
basse-altitude, caractéristique par ailleurs confirmée dans le reste de
la France. Cette espèce ne supporte pas un enfrichement excessif et/ou
un
boisement de ces milieux. Les prairies peuvent être pâturées ou
fauchées. La superficie des stations est inégale, parfois
inférieure à un hectare.
Répartition
En Europe,
depuis la France, à travers le Bénélux, l’Allemagne, les Balkans, les
Pays Baltes, le nord de la Grèce jusqu’au nord de l’Italie.
En France, cette espèce est absente du bassin méditerranéen, des
massifs montagneux, du nord-ouest de la France. Dans le reste du pays
elle est présente en Aquitaine, en Limousin, en Poitou-Charente, en
Auvergne, en région Centre, dans tout l’est de la France, le nord de la
région Rhone-Alpes, en Franche-Comté, en Picardie.
Statut
L’espèce est éteinte en Autriche, au Danemark, très menacée en Belgique
(disparue ?), vulnérable au Luxembourg et aux Pays-Bas, vulnérable en
Allemagne et en Italie.
Assez rare et/ou peu recherchée en France jusque dans les années 1970,
elle semble plus répandue depuis quelques années. Elle est apparue dans
certains dépa

rtements en limite d’aire
(Indre par exemple) sans qu’on
puisse conclure définitivement sur l’origine de ces stations. Est-ce un
surcroît de recherche de terrain, une faculté accrue de colonisation et
d’adaptation à de nouveaux milieux ? La situation est très différente
selon les régions ; l’espèce est plus vulnérable au nord de la France
et dans l’ouest mais sa situation demeure moins préoccupante
dans le
Sud-ouest.
En Limousin, sa répartition est hétérogène. On peut considérer deux
grands ensembles :
— le nord de la Creuse et de la Haute-Vienne (ssp.
carueli) : la
connaissance de ces stations reste à affiner ; le nombre reste faible
jusqu’à présent (moins d’une dizaine) mais sera certainement plus élevé
à l’issue d’une prospection plus systématique. Le statut de ces
populations reste à préciser. A noter que ces observations datent de
moins de vingt ans.
— le sud-ouest de la Corrèze (ssp.
burdigalensis)
: le nombre de
stations est assez important (proche d’une vingtaine). Leur
distribution y est relativement dense, ce qui
permet un certain échange génétique entre les populations et favorise
un pouvoir de colonisation en cas de menace sur une station. Les
populations ne sont pas menacées dans l’état actuel de nos
connaissances.
Carte de répartition de Lycaena dispar en Limousin. © SEL 2009.
Mesures
conservatoires
Une
station du bord de la Couze en Corrèze a été détruite dans les années
1970 lors de la mise en eau du Lac de Chasteaux. Les autres stations
peuvent être menacées par le drainage, le surpâturage, le boisement des
prairies de fonds de vallée, par la mise en culture (Maïs
principalement), l’aménagement touristique de certains sites et
l'extension des zones habitées. Ces
dangers potentiels sont relativement restreints en Corrèze mais
méritent d’être surveillés.
La poursuite du recensement des stations, notamment dans le nord de la
région, l’étude de la dynamique des populations nous permettra de mieux
connaître sa répartition et sa biologie.
Pour
aller plus loin
Cahiers d'habitats