Lycaena dispar (Haworth, 1802) - Le Cuivré des marais

Famille des Lycaenidae : 62 espèces en France / 32 espèces en Limousin.


Statut de protection

Arrêté du 23 avril 2007 : Article 2. / Convention de Berne : Annexe II. / Directive Habitats-Faune-Flore : Annexes II et IV.

Identification

Cette espèce se rapproche des autres espèces de Cuivrés, petits papillons au dessus des ailes orangé à tendance métallique. Le Cuivré des marais est la seule espèce de ce groupe avec la base L. dispar du dessous des ailes postérieures bleutée. Le mâle se caractérise par des ailes uniformément orangé vif bordé de noir avec un petit trait discoïdal noir aux antérieures. La femelle a des petits points noirs sur le dessus des antérieures et la base de l’aile postérieure est fortement chargée de noir. Les individus de la sous-espèce burdigalensis (Lucas, 1913) (Sud-ouest de la France) sont de plus grande taille par rapport à la sous-espèce carueli (Le Moult, 1945) (Centre et Est de la France).

Biologie / Ecologie

En Limousin, la femelle pond sur la Patience crépue (Rumex crispus) ; d’autres Oseilles sont citées comme plantes-hôtes dans la littérature comme par exemple Rumex hydrolapathum, Rumex aquaticus, Rumex obtusifolius. Les œufs sont pondus isolément ou en petits groupes, le plus souvent sur la feuille. La chenille se nourrit de Patience tout au long de son développement avant de se chrysalider sur la feuille. L’hivernation s’effectue à l’état de jeune chenille. Deux générations se succèdent durant l’année : les premiers spécimens volent au mois de juin ; puis une seconde génération, au mois d’août. Les spécimens de cette seconde génération sont plus petits. Une troisième génération partielle peut s’observer, certaines années, en automne. Les papillons butinent les fleurs de Fabacées, de Salicaires, de Menthes, etc.

Habitat

Le Cuivré des marais fréquente les prairies de fonds de vallée aux sols profonds, les bords de cours d'eau, de canaux, les fossés, les marais.habitat L. dispar Ses milieux de prédilection ont un caractère méso-hygrophile. A noter que cette espèce n’est pas liée, en Limousin, aux Molinions et aux tourbières acides. Absente du plateau de Millevaches, elle reste inféodée aux prairies de basse-altitude, caractéristique par ailleurs confirmée dans le reste de la France. Cette espèce ne supporte pas un enfrichement excessif et/ou un boisement de ces milieux. Les prairies peuvent être pâturées ou fauchées. La superficie des stations est inégale, parfois inférieure à un hectare.

Répartition

En Europe, depuis la France, à travers le Bénélux, l’Allemagne, les Balkans, les Pays Baltes, le nord de la Grèce jusqu’au nord de l’Italie. En France, cette espèce est absente du bassin méditerranéen, des massifs montagneux, du nord-ouest de la France. Dans le reste du pays elle est présente en Aquitaine, en Limousin, en Poitou-Charente, en Auvergne, en région Centre, dans tout l’est de la France, le nord de la région Rhone-Alpes, en Franche-Comté, en Picardie.

Statut

L’espèce est éteinte en Autriche, au Danemark, très menacée en Belgique (disparue ?), vulnérable au Luxembourg et aux Pays-Bas, vulnérable en Allemagne et en Italie. Assez rare et/ou peu recherchée en France jusque dans les années 1970, elle semble plus répandue depuis quelques années. Elle est apparue dans certains dépaL. disparrtements en limite d’aire (Indre par exemple) sans qu’on puisse conclure définitivement sur l’origine de ces stations. Est-ce un surcroît de recherche de terrain, une faculté accrue de colonisation et d’adaptation à de nouveaux milieux ? La situation est très différente selon les régions ; l’espèce est plus vulnérable au nord de la France et dans l’ouest mais sa situation demeure moins préoccupante dans le Sud-ouest. En Limousin, sa répartition est hétérogène. On peut considérer deux grands ensembles : — le nord de la Creuse et de la Haute-Vienne (ssp. carueli) : la connaissance de ces stations reste à affiner ; le nombre reste faible jusqu’à présent (moins d’une dizaine) mais sera certainement plus élevé à l’issue d’une prospection plus systématique. Le statut de ces populations reste à préciser. A noter que ces observations datent de moins de vingt ans. — le sud-ouest de la Corrèze (ssp. burdigalensis) : le nombre de stations est assez important (proche d’une vingtaine). Leur distribution y est relativement dense, ce qui permet un certain échange génétique entre les populations et favorise un pouvoir de colonisation en cas de menace sur une station. Les populations ne sont pas menacées dans l’état actuel de nos connaissances.

carto L. dispar
Carte de répartition de Lycaena dispar en Limousin. © SEL 2009.

Mesures conservatoires

Une station du bord de la Couze en Corrèze a été détruite dans les années 1970 lors de la mise en eau du Lac de Chasteaux. Les autres stations peuvent être menacées par le drainage, le surpâturage, le boisement des prairies de fonds de vallée, par la mise en culture (Maïs principalement), l’aménagement touristique de certains sites et l'extension des zones habitées. Ces dangers potentiels sont relativement restreints en Corrèze mais méritent d’être surveillés. La poursuite du recensement des stations, notamment dans le nord de la région, l’étude de la dynamique des populations nous permettra de mieux connaître sa répartition et sa biologie.

Pour aller plus loin


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