Euphydryas aurinia (Rottemburg, 1775) - Le Damier de la succise

Famille des Nymphalidae : 129 espèces en France / 52 espèces en Limousin.


Statut de protection

Arrêté du 23 avril 2007 : Article 3. / Convention de Berne : Annexe II. / Directive Habitats-Faune-Flore : Annexe II.

Identification

Ce Damier se distingue des Mélitées (Melitaea sp., Cinclidia phoebe) et autres Damiers (Mellicta sp.) par le dessus des ailes formé de bandes rouges et fauves et la présence de petits points noirs dans la bande submarginale rouge. La femelle se différencie du mâle par sa plus grande taille et ses couleurs plus contrastées. E. auriniaPlusieurs sous-espèces sont signalée en France : Euphydryas aurinia aurinia (Rottemburg, 1775) (ssp. présente en Limousin et dans la majeure partie de la France) ; Euphydryas aurinia beckeri (Herrich-Schäffer, 1851) (Pyrénées-Orientales) ; Euphydryas aurinia provincialis (Boisduval, 1828) (Provence) ; Euphydryas aurinia debilis (Oberthür, 1909) (ssp. alpine présente dans les Pyrénées et les Alpes).

Biologie / Ecologie

La femelle pond au printemps sur la Succise des prés (Succisa pratensis) ; les œufs sont disposés sur le dessous des feuilles en amas. D’autres plantes-hôtes sont citées en Europe comme Gentiana sp. en Montagne ou Scabiosa columbaria. Un écotype des zones sèches a été décrit du sud de la France ; cet écotype est lié à Scabiosa columbaria et pourrait être observé sur le Causse corrézien. Les jeunes chenilles vivent au sein d’un nid formé de soie et de feuilles. Elles passent l’hiver dans ce nid avant de reprendre leur activité au printemps suivant à la faveur des premières chaleurs. Par la suite les chenilles se dispersent pour finir leur développement. L’unique génération s’observe au printemps (mai-juin) en Limousin. Les adultes affectionnent les fleurs de Centaurées, de Cirses, etc. Les coE. aurinialonies sont souvent éparses mais peuvent être l’objet d’échanges entre ces populations. D’autre part cette espèce a la faculté de coloniser temporairement de nouveaux habitats. La densité des populations est très variable d’une année à l’autre, notamment en fonction de l’importance du parasitisme sur les colonies.

Habitat

Cette espèce fréquente les prairies humides, méso-hygrophiles, les bas marais tourbeux, les landes humides, les prairies aux sols profonds des fonds de vallées. L’observation du cycle complet de l’espèce en des milieux plus secs (pelouses, clairières), où E. aurinia serait lié à S. columbaria, n’a pas été confirmée sur le Causse corrézien.

Répartition

E. aurinia est présent de l’Afrique du Nord à une grande partie de l’Europe, y compris les îles Britaniques, en populations plus ou moins localisées. Ce Damier occupe la majeure partie de la France, plus rare dans le nord de la France. En Limousin, cette espèce est bien représentée sur l’ensemble du territoire, à basse et à moyenne altitude. Elle semble un peu moins fréquente dans la région du Causse corrézien.

Statut

Il est vulnérable en Europe du Nord, en Grande-Bretagne. Considéré comme vulnérable à l’échelon européen (Warren, 1996, van Sway & Warren, 1998), il n’apparaît pas menacé par contre en France et en Espagne. A l’échelle de la région, le Damier de la Succise n’est pas menacé.

carto E. aurinia
Carte de réparition d'Euphydryas aurinia en Limousin. © SEL 2009.


Mesures conservatoires

En Limousin, le grand nombre de stations, à basse et à moyenne altitude, permet d’affirmer l’absence de menace actuelle. Néanmoins, ponctuellement, cette espèce peut être menacée par l’assèchement, par la plantation de résineux, par un surpâturage ou par la fragmentation de son habitat. Par ailleurs, l’abandon des pratiques agricoles traditionnelles et l’enfrichement peuvent compromettre localement la conservation de son milieu. Sa présence atteste néanmoins de pratiques agricoles plutôt extensives.

Pour aller plus loin


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