Statut
de protection
Arrêté du 23 avril 2007 : Article
3. / Convention de Berne : Annexe II. / Directive Habitats-Faune-Flore
: Annexe II.
Identification
Ce Damier se distingue des Mélitées (
Melitaea sp.,
Cinclidia phoebe)
et autres Damiers (
Mellicta
sp.) par le dessus des ailes formé de bandes rouges et fauves et la
présence de petits points noirs dans la bande submarginale rouge. La
femelle se différencie du mâle par sa plus grande taille et ses
couleurs
plus contrastées.

Plusieurs sous-espèces sont
signalée en France :
Euphydryas aurinia
aurinia (Rottemburg, 1775) (ssp. présente en Limousin et
dans la majeure partie de la France) ;
Euphydryas aurinia
beckeri (Herrich-Schäffer, 1851) (Pyrénées-Orientales) ;
Euphydryas aurinia
provincialis (Boisduval, 1828) (Provence) ;
Euphydryas aurinia
debilis (Oberthür, 1909) (ssp. alpine présente dans les
Pyrénées et les Alpes).
Biologie
/ Ecologie
La femelle pond au printemps sur la Succise des prés (
Succisa pratensis)
; les œufs sont disposés sur le dessous des feuilles en amas. D’autres
plantes-hôtes sont citées en Europe comme
Gentiana sp. en
Montagne ou
Scabiosa
columbaria. Un écotype des zones sèches a été décrit du
sud de la France ; cet écotype est lié à
Scabiosa columbaria
et pourrait être observé sur le Causse corrézien.
Les jeunes chenilles vivent au sein d’un nid formé de soie et de
feuilles. Elles passent l’hiver dans ce nid avant de reprendre leur
activité au printemps suivant à la faveur des premières
chaleurs. Par
la suite les chenilles se dispersent pour finir leur
développement. L’unique génération s’observe au printemps
(mai-juin) en Limousin. Les
adultes affectionnent les fleurs de Centaurées, de Cirses, etc.
Les co

lonies sont souvent éparses
mais peuvent être l’objet d’échanges
entre ces populations. D’autre part cette espèce a la faculté de
coloniser temporairement de nouveaux habitats. La densité des
populations est très variable d’une année à l’autre, notamment en
fonction de l’importance du parasitisme sur les colonies.
Habitat
Cette espèce fréquente les prairies
humides, méso-hygrophiles, les
bas marais tourbeux, les landes humides,
les prairies aux sols profonds des fonds de vallées. L’observation du
cycle complet de l’espèce en des milieux plus secs (pelouses,
clairières), où
E.
aurinia serait lié à
S.
columbaria, n’a pas été confirmée sur le Causse corrézien.
Répartition
E. aurinia
est présent de
l’Afrique du Nord à une grande partie de l’Europe, y compris les îles
Britaniques, en populations plus ou moins localisées. Ce
Damier
occupe la majeure partie de la France, plus rare dans le nord de
la France.
En Limousin, cette espèce est bien représentée sur l’ensemble du
territoire, à basse et à moyenne altitude. Elle semble un peu moins
fréquente dans la région du Causse corrézien.
Statut
Il
est vulnérable en Europe du Nord, en Grande-Bretagne. Considéré comme
vulnérable à l’échelon européen (Warren, 1996, van Sway &
Warren,
1998), il n’apparaît pas menacé par contre en France et en
Espagne. A l’échelle de la région, le Damier de la Succise
n’est
pas menacé.
Carte de réparition d'Euphydryas
aurinia en
Limousin. © SEL 2009.
Mesures conservatoires
En Limousin, le grand nombre de stations, à basse et à moyenne
altitude, permet d’affirmer l’absence de menace actuelle. Néanmoins,
ponctuellement, cette espèce peut être menacée par l’assèchement, par
la plantation de résineux, par un surpâturage ou par la fragmentation
de son habitat. Par ailleurs, l’abandon des pratiques agricoles
traditionnelles et l’enfrichement peuvent compromettre localement la
conservation de son milieu.
Sa présence atteste néanmoins de pratiques agricoles plutôt extensives.
Pour
aller plus loin
Cahiers
d'habitats